Improbable visite que celle du plus reconnu des écrivains français au salon de l’équipement magasin. Et pourtant pas si incongrue que ça sur le papier. Dans son dernier roman (déjà un énorme best seller), l’écrivain y décrit son expérience de client dans l’hypermarché Casino du boulevard Vincent-Auriol (Paris XIIIème). Et le regard est affuté. « Dans la grande surface [il] put tout de suite constater différentes améliorations. Près de la zone librairie, un rayon presse proposait maintenant un choix important de quotidiens et de magazines. L’offre en pâtes fraîches italienne s’était encore étoffée […] et surtout les propositions food court du magasin s’étaient enrichies d’un magnifique Salad Bar en libre-service flambant neuf, qui alignait une quinzaine de variétés, dont certaines paraissaient délicieuses. » Loin d’ironiser, l’auteur de « La Carte et le territoire » porte un regard étonnamment expert sur les rayons du magasin qu’il visite jusqu’à remarquer « un nouvel étiquetage nutritionnel particulièrement exhaustif et clair !… ». Plus loin, à la manière d’un Georges Perec, il s’interroge même sur le rôle de ces objets de grande consommation qui nous entourent. « Dans ma vie de consommateur, j’aurai connu trois produits parfaits : les chaussures Paraboot Marche, le combiné ordinateur-imprimante Canon Libris, la parka Camel Legend […]. Mais ces produits, au bout de quelques années, ont disparu des rayonnages, leur fabrication a été stoppé. » Le prélude à une réflexion sur la durée de vie de plus en plus courte des produits manufacturés. En cette rentrée, la littérature est une étonnante boîte à outil de la grande conso.
Frédéric Bianchi
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Et si Michel Houellebecq se rendait au salon Equipmag ?
Par admin, LE 13 septembre 2010, 14:09Des corners dans tous les coins
Par La rédaction, LE 9 septembre 2010, 16:09Lorsque vous visitez un magasin de high-tech au Japon, vous savez immédiatement que vous n’êtes pas en France. Là-bas, les marques comme Sony, Sharp ou Panasonic ont carte blanche pour occuper l’espace, choisir leur mobilier, décider de leur assortiment de produits… Bref, les « high-tech stores » nippons sont des show-rooms géants plus que des magasins. Le distributeur s’efface au profit des marques. Ce cauchemar de distributeur arrive pourtant en France. Via Saturn qui accorde une large place aux espaces dédiés aux marques (Nespresso, Apple, Sony, Samsung…) et depuis peu dans les hypermarchés. Dans les deux magasins Carrefour inaugurés il y a peu près de Lyon, pas moins de 12 corners dédiés (HP, Samsung, Apple, LG…). Laisser aux marques le soin d’animer le rayon et de présenter leurs produits de plus en plus complexes, pourquoi pas ? Le risque c’est que les marques phagocytent progressivement le rayon à leur profit. Et en la matière, Apple, le champion des contrats de distribution sélective, a déjà un tour d’avance. Dans ses Apple shops (Fnac, Saturn, Carrefour…) les enseignes n’ont qu’un droit : celui de faire exactement ce que veut Apple en matière de mobilier, d’assortiment, de vendeurs… sous peine d’être privées des produits de la marque. Un risque qu’aucune enseigne ne veut prendre aujourd’hui. Mais à trop laisser se développer les corners, les magasins pourraient à terme se retrouver sur la touche.
Frédéric Bianchi
